Zooms
Zoom - Daniel Habrekorn : Le Bataclan, une salle mythique qui a vécu l’horreur
Daniel Habrekorn a été un des propriétaires emblématiques de la salle de spectacle mythique du Bataclan à Paris et le maitre d’œuvre de sa réhabilitation historique. Daniel Habrekorn, qui est par ailleurs poète et écrivain, raconte dans un ouvrage étincelant la longue histoire de ce monument du spectacle de variétés et de cinéma de 1865 à nos jours. A l’aide de centaines de documents et illustrations, l’auteur nous fait revivre l’histoire de ce lieu avec sa multitude de transformations, de vedettes et d’artistes de Buffalo Bill à Colette, de Mayol à Raimu, de Maurice Chevallier à The Cure en passant par Mistinguett, Prince ou Genesis.
Daniel Habrekorn consacre un chapitre glaçant et terrifiant à l’attentat du 15 novembre qui va tuer 90 spectateurs et faire des centaines de blessés. Apportant un témoignage personnel important, l’auteur écrit : "Je me souviens, en étant sur les lieux le 14 au matin, que j’ai eu l’impression d’un courageux amateurisme. Une preuve ? A aucun moment pendant le temps du massacre, on a cru bon me demander les plans détaillés de la salle". Daniel Habrekorn évoque aussi le groupe The Eagles of Death Metal qui se produisait au moment de l’attentat et qui chantait : "Je roule un patin au Diable ", puis l’affaire crapuleuse des fausses victimes ou la provocation insoutenable du chanteur Médine. Quand l’histoire du Bataclan rejoint notre propre histoire…
Zoom - Jean-Yves Leandri : Colonisation française : les bienfaits interdits d’histoire ?
Et si la colonisation française ne se résumait pas au seul récit conformiste et autorisé de la domination, de la violence et de l’exploitation ? Et si elle avait aussi laissé des routes, des écoles, des hôpitaux, des infrastructures, mais surtout des rencontres et des fidélités que notre époque peine à regarder ? C’est cette mémoire oubliée que Jean-Yves Leandri veut faire revivre dans un livre attachant et émouvant "Lorsque la France était là-bas".
Né en Algérie et élevé entre l’Afrique et Madagascar, il raconte ce qu’il a vu et vécu, loin des procès rétrospectifs et des discours officiels. Son livre ne cache pas les injustices et les difficultés inhérentes au système colonial : il conteste en revanche l’idée qu’elles suffiraient à en raconter toute l’histoires de la présence française en Afrique. En 2026, cette question reste explosive, particulièrement lorsqu’il s’agit de l’Algérie.
Plus de soixante ans après l’indépendance, la mémoire coloniale continue en effet de peser lourdement sur les relations entre Paris et Alger. Faut-il encore demander pardon, ou retrouver une histoire capable d'assumer toutes ses contradictions et de faire la liste des apports économiques, sociaux et culturels de la France dans cette partie du monde ?
La force de Jean-Yves Léandri est d’ouvrir avec délicatesse et modération un dossier que la France n’a jamais vraiment refermé.
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