Zooms

Zoom - Elsa Ruillère - Soignants suspendus : boucs émissaires de Macron

Publiée le 26/01/2023

Le 12 juillet 2021, Emmanuel Macron annonçait dans son allocution hystérique non seulement le pass-sanitaire mais aussi l’obligation vaccinale pour tous les personnels soignants. A compter du 15 septembre 2021, ceux qui refusaient de se faire injecter un produit, sur lequel le recul scientifique était si court, étaient tout bonnement suspendus. Suspendus de leur travail, mais aussi suspendus dans le temps. Depuis désormais plus de 18 mois, ces gens, initialement engagés au service des autres, ont été mis sur le côté de la route dans des conditions totalement iniques. Privés de salaire, privés de chômage, privés de RSA, le traitement de ces soignants suspendus est tellement inédit que le droit du travail ne peut répondre à leur calvaire. L’administration est impuissante et plonge encore plus profondément dans le gouffre de l’injustice ces personnes que les Français applaudissaient compulsivement à leurs fenêtres de confinés en 2020. 


D’adulés, ils sont passés à un statut de méprisés et maintenant d’invisibilisés. C’est l’injustice qu’a voulu réparer Elsa Ruillère, secrétaire adjointe de la CGT du Groupe Hospitalier Portes de Provence. Considérée elle-même comme une "soignante" malgré son travail exclusivement administratif et sans contact avec les patients de son hôpital, elle est l’une de ces "suspendues" et met son temps à disposition de ceux qui, comme elle, subissent une discrimination d’Etat sans fondement. Elle publie chez Guy Trédaniel, "Paroles de soignants suspendus", accompagné notamment d’une préface de Michèle Rivasi, député européen EELV et d’un épilogue du chercheur Laurent Mucchielli. Au fil des pages, ceux qui subissent l’opprobre d’Etat, tels des boucs émissaires, racontent comment leur situation a basculé pour une décision politique infondée, injuste et inacceptable. Un entretien frappant de sincérité et d’engagement. 

 

En partenariat avec les bijoux Majorica

Zoom - Jean-Yves Leandri : Colonisation française : les bienfaits interdits d’histoire ?

Publiée le 21/09/2026

Et si la colonisation française ne se résumait pas au seul récit conformiste et autorisé de la domination, de la violence et de l’exploitation ? Et si elle avait aussi laissé des routes, des écoles, des hôpitaux, des infrastructures, mais surtout des rencontres et des fidélités que notre époque peine à regarder ? C’est cette mémoire oubliée que Jean-Yves Leandri veut faire revivre dans un livre attachant et émouvant "Lorsque la France était là-bas".

Né en Algérie et élevé entre l’Afrique et Madagascar, il raconte ce qu’il a vu et vécu, loin des procès rétrospectifs et des discours officiels. Son livre ne cache pas les injustices et les difficultés inhérentes au système colonial : il conteste en revanche l’idée qu’elles suffiraient à en raconter toute l’histoires de la présence française en Afrique. En 2026, cette question reste explosive, particulièrement lorsqu’il s’agit de l’Algérie.

Plus de soixante ans après l’indépendance, la mémoire coloniale continue en effet de peser lourdement sur les relations entre Paris et Alger. Faut-il encore demander pardon, ou retrouver une histoire capable d'assumer toutes ses contradictions et de faire la liste des apports économiques, sociaux et culturels de la France dans cette partie du monde ?

La force de Jean-Yves Léandri est d’ouvrir avec délicatesse et modération un dossier que la France n’a jamais vraiment refermé.