Zooms

Zoom - Gaël-Georges Moullec - Ukraine : la fin des illusions occidentales

Publiée le 04/10/2022

Tournant majeur dans les relations internationales, l'opération militaire spéciale sur l'Ukraine a pour effet de briser des mythes construits depuis la fin de l'Union soviétique. Première illusion, la démocratie serait porteuse de paix. Or la démocratie ukrainienne ensanglante le Donbass en ciblant les civils depuis 8 ans. La réalité est celle d'une population sous influences de puissances étrangères, des oligarques locaux et des groupes nationalistes armés. Illusion toujours quand l'Union européenne et l'OTAN ont attisé la renaissance et le développement d'un antagonisme entre l'Ukraine et la Russie. De l'autre côté de l'Atlantique, les États-Unis ne font plus illusion dans leur rôle de pilier de l'Occident. Dorénavant, l'intérêt des États-Unis est d'organiser le chaos en Europe afin d'empêcher toute alliance eurasiatique UE-Russie. Enfin, la plus grande illusion dissipée par cette crise est celle d'une globalisation heureuse et salvatrice bénéficiant des matières premières de Russie et des céréales ukrainiennes. Désormais, il n'est plus question de la fin de l'Histoire, mais du début d'une nouvelle ère pour le Monde.
Gaël-Georges Moullec, docteur en histoire contemporaine, spécialiste de la Russie et du communisme, présente son ouvrage "Ukraine - La fin des illusions"

Zoom - Jean-Yves Leandri : Colonisation française : les bienfaits interdits d’histoire ?

Publiée le 21/09/2026

Et si la colonisation française ne se résumait pas au seul récit conformiste et autorisé de la domination, de la violence et de l’exploitation ? Et si elle avait aussi laissé des routes, des écoles, des hôpitaux, des infrastructures, mais surtout des rencontres et des fidélités que notre époque peine à regarder ? C’est cette mémoire oubliée que Jean-Yves Leandri veut faire revivre dans un livre attachant et émouvant "Lorsque la France était là-bas".

Né en Algérie et élevé entre l’Afrique et Madagascar, il raconte ce qu’il a vu et vécu, loin des procès rétrospectifs et des discours officiels. Son livre ne cache pas les injustices et les difficultés inhérentes au système colonial : il conteste en revanche l’idée qu’elles suffiraient à en raconter toute l’histoires de la présence française en Afrique. En 2026, cette question reste explosive, particulièrement lorsqu’il s’agit de l’Algérie.

Plus de soixante ans après l’indépendance, la mémoire coloniale continue en effet de peser lourdement sur les relations entre Paris et Alger. Faut-il encore demander pardon, ou retrouver une histoire capable d'assumer toutes ses contradictions et de faire la liste des apports économiques, sociaux et culturels de la France dans cette partie du monde ?

La force de Jean-Yves Léandri est d’ouvrir avec délicatesse et modération un dossier que la France n’a jamais vraiment refermé.