Zooms

Zoom - Javier Portella : Un monde entre punks à chien et punks à fric

Publiée le 08/12/2021
"Notre temps est abominable, irrespirable". Dans son ouvrage "N'y a-t-il qu'un dieu pour nous sauver ?", l'écrivain Javier Portella lance un coup de gueule contre ce monde post-moderne, contre ces hommes pantins qui évitent toute forme d'incertitude, d'aventure et de grandeur. Pour comprendre cette décadence, il faut remonter au temps des Lumières où l'individu a été placé au cœur du monde. Depuis, le sacré, la majesté, des empereurs, des monarques et des princes a disparu, le laid a remplacé le beau. L'homme se retrouve alors dans une grande solitude qu'il tente de combler par l'égalitarisme ou l'angélisme, les voies vers un individu zombie. Malgré le bouleversement de l'ordre établi par la Révolution, il reste toujours, selon l'auteur, un socle qui reste inaltérable, celui de la civilisation. Pour restaurer la vie en commun des hommes, Javier Portella préconise le retour au religieux et à ses pratiques.

Zoom - Jean-Yves Leandri : Colonisation française : les bienfaits interdits d’histoire ?

Publiée le 21/09/2026

Et si la colonisation française ne se résumait pas au seul récit conformiste et autorisé de la domination, de la violence et de l’exploitation ? Et si elle avait aussi laissé des routes, des écoles, des hôpitaux, des infrastructures, mais surtout des rencontres et des fidélités que notre époque peine à regarder ? C’est cette mémoire oubliée que Jean-Yves Leandri veut faire revivre dans un livre attachant et émouvant "Lorsque la France était là-bas".

Né en Algérie et élevé entre l’Afrique et Madagascar, il raconte ce qu’il a vu et vécu, loin des procès rétrospectifs et des discours officiels. Son livre ne cache pas les injustices et les difficultés inhérentes au système colonial : il conteste en revanche l’idée qu’elles suffiraient à en raconter toute l’histoires de la présence française en Afrique. En 2026, cette question reste explosive, particulièrement lorsqu’il s’agit de l’Algérie.

Plus de soixante ans après l’indépendance, la mémoire coloniale continue en effet de peser lourdement sur les relations entre Paris et Alger. Faut-il encore demander pardon, ou retrouver une histoire capable d'assumer toutes ses contradictions et de faire la liste des apports économiques, sociaux et culturels de la France dans cette partie du monde ?

La force de Jean-Yves Léandri est d’ouvrir avec délicatesse et modération un dossier que la France n’a jamais vraiment refermé.