Zooms

Zoom - Philippe de Laitre : Saint-Exupéry, portrait d’un vrai anticonformiste

Publiée le 16/05/2024

Passionné de littérature et admirateur de Saint-Exupéry, Philippe de Laitre nous livre dans "Saint-Exupéry - Au-delà du Petit Prince", le portrait touchant d’un anticonformiste. Car Antoine de Saint-Exupéry est un paradoxe. De tradition chrétienne, il admire Nietzsche. Aventurier, il chérit son foyer. On lui prête une certaine candeur… c’est oublier sa mélancolie profonde, qui l‘engage dans une quête de sens. Il en trouvera dans l’action collective de l’aérospatiale et plus tard, dans les remous de la Seconde guerre mondiale.

Pour Phillipe de Laitre, Saint-Exupéry souffre d’un malentendu. Critique de la démocratie libérale, sceptique envers les valeurs de la République, on a fait de lui un héros de la nation. Contempteur du matérialisme, on a imprimé son effigie sur un billet de banque. Nostalgique du monde pré-moderne, son livre le plus désenchanté, "Le Petit Prince", est devenu une entreprise florissante qui multiplie les produits dérivés. Tout au long du livre, l’auteur cherche à faire tomber ce "Saint-Ex" qui ne lui ressemble pas pour mieux nous permettre de redécouvrir le héros, le penseur, le poète.

Zoom - Vincent Coussedière : La France s’enfonce faute d’incarnation

Publiée le 05/02/2026

Agrégé de philosophie et enseignant, Vincent Coussedière a longtemps observé la vie politique avant de franchir le pas de l’engagement électoral lors des législatives de 2024. De cette traversée du réel naît un livre très personnel intitulé "Marine Le Pen comme je l’imaginais", essai dans lequel l’auteur confronte ses attentes intellectuelles aux contraintes du champ politique. À travers une formule récurrente, presque obsessionnelle, il interroge ce qu’il aurait voulu que Marine Le Pen soit : une figure d’incarnation capable de rompre avec la gestion, la prudence et la normalisation. Le livre défend une thèse centrale : la politique n’est pas d’abord affaire de programme, mais d’incarnation. Vincent Coussedière critique ainsi la stratégie de normalisation, perçue moins comme une tactique électorale que comme un renoncement symbolique. Mais cette critique soulève une question troublante : la désillusion de l’auteur relève-t-elle d’un diagnostic lucide sur l’époque ou d’un dépit face à une figure politique trop idéalisée ? Car en creux, le livre reconnaît aussi que Marine Le Pen a su durer, rassembler et imposer son camp comme une force centrale de la vie politique française — ce qui, en soi, constitue déjà une forme d’incarnation dans un temps où le politique s’est largement vidé de sa substance.