Zooms
Zoom - Thibaud Gibelin-Ferenc Almassy : Orbán pour comprendre la stratégie hongroise
Balázs Orbán, directeur politique du premier ministre Viktor Orbán a rédigé, fin 2020, un essai pour "Comprendre la stratégie hongroise". Cet ouvrage est préfacé par Thibaud Gibelin, essayiste, doctorant en sciences politiques et professeur invité au Mathias Corvinus Collegium. Interrogé en compagnie de Ferenc Almassy, journaliste et rédacteur en chef du Visegrad Post, Thibaud Gibelin rappelle que l’ouvrage s’inscrit dans un moment particulier résumé par Viktor Orbán lui-même : "Trouver une nouvelle ère ou une nouvelle voie pour un pays sorti du système communiste mais rebuté par une Europe libérale qui a perdu tout avantage concurrentiel dans les domaines de l’économie, de la science, et des innovations. Et qui dispose d’une population vieillissante et des millions de migrants à ses frontières".
Balázs Orban décrit la stratégie du gouvernement hongrois et démonte les idées fausses entretenues par les médias occidentaux sur la nature et les objectifs de ce dernier. Tout en s’opposant au discours dominant de l’Occident sur la Hongrie, Balázs Orbán plaide pour une Europe dans laquelle il est possible de gouverner selon des principes enracinés dans l’histoire et les valeurs nationales plutôt que selon le consensus libéral encore hégémonique. A quelques mois des élections européennes, un message adressé aux Français.
Zoom - Vincent Coussedière : La France s’enfonce faute d’incarnation
Agrégé de philosophie et enseignant, Vincent Coussedière a longtemps observé la vie politique avant de franchir le pas de l’engagement électoral lors des législatives de 2024. De cette traversée du réel naît un livre très personnel intitulé "Marine Le Pen comme je l’imaginais", essai dans lequel l’auteur confronte ses attentes intellectuelles aux contraintes du champ politique. À travers une formule récurrente, presque obsessionnelle, il interroge ce qu’il aurait voulu que Marine Le Pen soit : une figure d’incarnation capable de rompre avec la gestion, la prudence et la normalisation. Le livre défend une thèse centrale : la politique n’est pas d’abord affaire de programme, mais d’incarnation. Vincent Coussedière critique ainsi la stratégie de normalisation, perçue moins comme une tactique électorale que comme un renoncement symbolique. Mais cette critique soulève une question troublante : la désillusion de l’auteur relève-t-elle d’un diagnostic lucide sur l’époque ou d’un dépit face à une figure politique trop idéalisée ? Car en creux, le livre reconnaît aussi que Marine Le Pen a su durer, rassembler et imposer son camp comme une force centrale de la vie politique française — ce qui, en soi, constitue déjà une forme d’incarnation dans un temps où le politique s’est largement vidé de sa substance.
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