Zooms

Zoom - Yann Caspar : Aux sources de la propagande contemporaine

Publiée le 26/05/2023

La vie d’Edward Bernays, ainsi que son œuvre, sont incontournables pour comprendre les mécanismes de la propagande contemporaine. Et c’est donc faire acte utile que de parcourir sa vie comme le fait le journaliste franco-hongrois Yann Caspar dans "L’homme qui murmurait à l’oreille des foules".

Bernays, le père de la propagande moderne, aura passé sa vie à manipuler l’opinion publique. Et avec quel succès ! Doublement neveu de Freud, il appliqua aux relations publiques les intuitions de son oncle en matière de psychologie, et reste celui qui aura convaincu les femmes américaines de se mettre à fumer !

Un redoutable charmeur de serpents, en somme, capable d’envouter les populations. Et le talent est héréditaire puisque son petit neveu n’est autre que le premier PDG de Netflix, plateforme de propagande voire d'endoctrinement. 

Partez à la découverte de Bernays, progressiste cynique dont se sont inspirés et s’inspirent encore bien des sectaires et des totalitaires.

Zoom - Vincent Coussedière : La France s’enfonce faute d’incarnation

Publiée le 05/02/2026

Agrégé de philosophie et enseignant, Vincent Coussedière a longtemps observé la vie politique avant de franchir le pas de l’engagement électoral lors des législatives de 2024. De cette traversée du réel naît un livre très personnel intitulé "Marine Le Pen comme je l’imaginais", essai dans lequel l’auteur confronte ses attentes intellectuelles aux contraintes du champ politique. À travers une formule récurrente, presque obsessionnelle, il interroge ce qu’il aurait voulu que Marine Le Pen soit : une figure d’incarnation capable de rompre avec la gestion, la prudence et la normalisation. Le livre défend une thèse centrale : la politique n’est pas d’abord affaire de programme, mais d’incarnation. Vincent Coussedière critique ainsi la stratégie de normalisation, perçue moins comme une tactique électorale que comme un renoncement symbolique. Mais cette critique soulève une question troublante : la désillusion de l’auteur relève-t-elle d’un diagnostic lucide sur l’époque ou d’un dépit face à une figure politique trop idéalisée ? Car en creux, le livre reconnaît aussi que Marine Le Pen a su durer, rassembler et imposer son camp comme une force centrale de la vie politique française — ce qui, en soi, constitue déjà une forme d’incarnation dans un temps où le politique s’est largement vidé de sa substance.