Zooms
Grand Angle exclusif : Du sang et des larmes sur la route de l'Europe
La Tunisie est devenue la plaque tournante de l’émigration clandestine en provenance de l’Afrique subsaharienne. A Sfax, capitale économique de la Tunisie, plusieurs dizaines de milliers de migrants ont envahi le centre-ville près de la Médina depuis le début de l’année, dans l’attente d’un embarquement pour Lampedusa sur le chemin de l’Europe et son généreux modèle social. Mais la population tunisienne, d’habitude si accueillante avec les touristes du monde entier, s’est rebellée contre ces intrus, réputés sales et disent-ils, voleurs et dangereux, après la mort d’un Sfaxien, poignardé par des Camerounais dans des circonstances obscures.
Il n’en fallait pas plus pour provoquer une chasse à ces "Africains" à la peau noire, encouragée par les discours identitaires du président Kaïs Saïed. Du coup, la place Bab El Jebli s’est transformée en immense camp de transit, que se partagent les communautés du Soudan d’un côté, et d’Afrique de l’ouest de l’autre.
Partir est l’obsession des migrants. Mais la traversée est périlleuse et coûte cher. Les plus fortunés prendront la route de l’Italie en suivant des pêcheurs passeurs reconvertis dans le trafic humain avec la complicité des autorités locales…
Un reportage exclusif de Claude Corse en partenariat avec Radio Courtoisie.
Zoom - Jean-Yves Leandri : Colonisation française : les bienfaits interdits d’histoire ?
Et si la colonisation française ne se résumait pas au seul récit conformiste et autorisé de la domination, de la violence et de l’exploitation ? Et si elle avait aussi laissé des routes, des écoles, des hôpitaux, des infrastructures, mais surtout des rencontres et des fidélités que notre époque peine à regarder ? C’est cette mémoire oubliée que Jean-Yves Leandri veut faire revivre dans un livre attachant et émouvant "Lorsque la France était là-bas".
Né en Algérie et élevé entre l’Afrique et Madagascar, il raconte ce qu’il a vu et vécu, loin des procès rétrospectifs et des discours officiels. Son livre ne cache pas les injustices et les difficultés inhérentes au système colonial : il conteste en revanche l’idée qu’elles suffiraient à en raconter toute l’histoires de la présence française en Afrique. En 2026, cette question reste explosive, particulièrement lorsqu’il s’agit de l’Algérie.
Plus de soixante ans après l’indépendance, la mémoire coloniale continue en effet de peser lourdement sur les relations entre Paris et Alger. Faut-il encore demander pardon, ou retrouver une histoire capable d'assumer toutes ses contradictions et de faire la liste des apports économiques, sociaux et culturels de la France dans cette partie du monde ?
La force de Jean-Yves Léandri est d’ouvrir avec délicatesse et modération un dossier que la France n’a jamais vraiment refermé.
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