Zooms

Zoom - Alain Paucard : Un roman qui dénonce la société américaine

Publiée le 05/06/2024

Que personne ne s’y trompe. Si le roman d’Alain « Humphrey » Paucard est réédité en 2024, il date de 1979. « L’Horreur d’été » raconte les exploits sadiques de Charlie Hogan, ancien du Vietnam, adjoint du shérif à Rockwille au Nouveau-Mexique. Profitant de son uniforme, il massacre de préférence les gens sans défense : mexicains, hippies, femmes, etc.

A travers un anti-héros à la fois sadique et inhumain, Alain Paucard a fait un portrait au vitriol de la société américaine qui, quarante ans plus tard, est au bord de la guerre civile.

Dans ce polar, se succèdent dans une sorte de « Délivrance » de John Bormann, des scènes d’une grande crudité ou d’une extrême dureté ou sauvagerie. Dans sa volonté de faire exploser toutes les limites, Alain « Humphrey » Paucard avait d’ailleurs , à l’époque, subi les foudres de la censure en récoltant trois interdictions : aux mineurs, à l’affichage et à la publicité.

Quatre décennies plus tard, « Horreur d’été » reste un livre audacieux et dérangeant qui révèle aussi le talent d’un écrivain malicieux et potache qui se définit comme « le président à vie du Club des ronchons » et un amoureux de Paris ( qui ne cesse de vitupérer contre son urbanisme, son  déclin et sa gestion municipale )

Zoom - Vincent Coussedière : La France s’enfonce faute d’incarnation

Publiée le 05/02/2026

Agrégé de philosophie et enseignant, Vincent Coussedière a longtemps observé la vie politique avant de franchir le pas de l’engagement électoral lors des législatives de 2024. De cette traversée du réel naît un livre très personnel intitulé "Marine Le Pen comme je l’imaginais", essai dans lequel l’auteur confronte ses attentes intellectuelles aux contraintes du champ politique. À travers une formule récurrente, presque obsessionnelle, il interroge ce qu’il aurait voulu que Marine Le Pen soit : une figure d’incarnation capable de rompre avec la gestion, la prudence et la normalisation. Le livre défend une thèse centrale : la politique n’est pas d’abord affaire de programme, mais d’incarnation. Vincent Coussedière critique ainsi la stratégie de normalisation, perçue moins comme une tactique électorale que comme un renoncement symbolique. Mais cette critique soulève une question troublante : la désillusion de l’auteur relève-t-elle d’un diagnostic lucide sur l’époque ou d’un dépit face à une figure politique trop idéalisée ? Car en creux, le livre reconnaît aussi que Marine Le Pen a su durer, rassembler et imposer son camp comme une force centrale de la vie politique française — ce qui, en soi, constitue déjà une forme d’incarnation dans un temps où le politique s’est largement vidé de sa substance.