Zooms

Zoom - Colonel Jean-Pierre Augé - Officier de la DGSE, il a vécu le crépuscule de la France en Afrique

Publiée le 27/05/2024

A l’heure où les anciennes colonies françaises en Afrique tournent le dos à la France, Jean-Pierre Augé qui fut officier de la DGSE (du renseignement français), publie un récit d’atmosphère passionnant : "Afrique adieu !". Pendant près de 20 ans, le colonel Augé a été l’une des chevilles ouvrières des services spéciaux français en Afrique. Dans son livre, il raconte l’action secrète de la France sur ce continent où recrutements et manipulations de sources humaines clandestines sont le lot commun du métier pour recueillir le renseignement à haute valeur ajoutée. 

Témoin de premier plan, l’auteur a servi l’Etat français au Niger, au Tchad et en Côte d’Ivoire. Tout au long de l’ouvrage, on évoque la perte de l’influence française, le rôle souvent agressif des Etats-Unis, la montée de l’islamisme salafiste. Jean-Pierre Augé voit de son poste d’observateur et acteur, la montée du sentiment anti-français et plus simplement la haine du Blanc. Un témoignage inédit qui nous transporte au cœur de la DGSE de 1986 à 2002. Avant la démilitarisation du renseignement français.

Zoom - Vincent Coussedière : La France s’enfonce faute d’incarnation

Publiée le 05/02/2026

Agrégé de philosophie et enseignant, Vincent Coussedière a longtemps observé la vie politique avant de franchir le pas de l’engagement électoral lors des législatives de 2024. De cette traversée du réel naît un livre très personnel intitulé "Marine Le Pen comme je l’imaginais", essai dans lequel l’auteur confronte ses attentes intellectuelles aux contraintes du champ politique. À travers une formule récurrente, presque obsessionnelle, il interroge ce qu’il aurait voulu que Marine Le Pen soit : une figure d’incarnation capable de rompre avec la gestion, la prudence et la normalisation. Le livre défend une thèse centrale : la politique n’est pas d’abord affaire de programme, mais d’incarnation. Vincent Coussedière critique ainsi la stratégie de normalisation, perçue moins comme une tactique électorale que comme un renoncement symbolique. Mais cette critique soulève une question troublante : la désillusion de l’auteur relève-t-elle d’un diagnostic lucide sur l’époque ou d’un dépit face à une figure politique trop idéalisée ? Car en creux, le livre reconnaît aussi que Marine Le Pen a su durer, rassembler et imposer son camp comme une force centrale de la vie politique française — ce qui, en soi, constitue déjà une forme d’incarnation dans un temps où le politique s’est largement vidé de sa substance.