Zooms
Zoom - Eric Branca : Après guerre, le temps de la confusion et des impostures
Historien et journaliste, Eric Branca vient de publier un ouvrage en forme de chronique indiscrète de la France d’après-guerre (1944-1954) : "La République des imposteurs". La IVème République constitue pour notre pays l’une des périodes les plus folles de l’histoire contemporaine. Et pourtant, cet ancien monde est très négligé par l’historiographie actuelle.
Comme le Directoire après la Terreur, ces dix années virent d’immenses fortunes s’édifier sur le crime et la corruption. Des carrières fulgurantes se bâtirent sur l’imposture avant de s’effondrer dans la honte. Et même d’anciens collaborateurs parvinrent au sommet de la hiérarchie judiciaire… grâce aux procès de l’Epuration.
A tous les étages de la société, le travestissement, le mensonge, la dissimulation deviennent alors les artifices communs pour s’adapter aux temps nouveaux. A l’heure où la défiance revient en force dans le débat public et où l’accusation de mensonge est celle que les Français lancent le plus volontiers au visage des "puissants" qui nous gouvernent, ressusciter cette étrange période s’imposait. Eric Branca y parvient avec son sérieux et son expertise habituelles. Quand la IVème République rappelle la Vème finissante….
Zoom - Vincent Coussedière : La France s’enfonce faute d’incarnation
Agrégé de philosophie et enseignant, Vincent Coussedière a longtemps observé la vie politique avant de franchir le pas de l’engagement électoral lors des législatives de 2024. De cette traversée du réel naît un livre très personnel intitulé "Marine Le Pen comme je l’imaginais", essai dans lequel l’auteur confronte ses attentes intellectuelles aux contraintes du champ politique. À travers une formule récurrente, presque obsessionnelle, il interroge ce qu’il aurait voulu que Marine Le Pen soit : une figure d’incarnation capable de rompre avec la gestion, la prudence et la normalisation. Le livre défend une thèse centrale : la politique n’est pas d’abord affaire de programme, mais d’incarnation. Vincent Coussedière critique ainsi la stratégie de normalisation, perçue moins comme une tactique électorale que comme un renoncement symbolique. Mais cette critique soulève une question troublante : la désillusion de l’auteur relève-t-elle d’un diagnostic lucide sur l’époque ou d’un dépit face à une figure politique trop idéalisée ? Car en creux, le livre reconnaît aussi que Marine Le Pen a su durer, rassembler et imposer son camp comme une force centrale de la vie politique française — ce qui, en soi, constitue déjà une forme d’incarnation dans un temps où le politique s’est largement vidé de sa substance.
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