Zooms
Zoom - Eric Branca : Après guerre, le temps de la confusion et des impostures
Historien et journaliste, Eric Branca vient de publier un ouvrage en forme de chronique indiscrète de la France d’après-guerre (1944-1954) : "La République des imposteurs". La IVème République constitue pour notre pays l’une des périodes les plus folles de l’histoire contemporaine. Et pourtant, cet ancien monde est très négligé par l’historiographie actuelle.
Comme le Directoire après la Terreur, ces dix années virent d’immenses fortunes s’édifier sur le crime et la corruption. Des carrières fulgurantes se bâtirent sur l’imposture avant de s’effondrer dans la honte. Et même d’anciens collaborateurs parvinrent au sommet de la hiérarchie judiciaire… grâce aux procès de l’Epuration.
A tous les étages de la société, le travestissement, le mensonge, la dissimulation deviennent alors les artifices communs pour s’adapter aux temps nouveaux. A l’heure où la défiance revient en force dans le débat public et où l’accusation de mensonge est celle que les Français lancent le plus volontiers au visage des "puissants" qui nous gouvernent, ressusciter cette étrange période s’imposait. Eric Branca y parvient avec son sérieux et son expertise habituelles. Quand la IVème République rappelle la Vème finissante….
Zoom - Jean-Yves Leandri : Colonisation française : les bienfaits interdits d’histoire ?
Et si la colonisation française ne se résumait pas au seul récit conformiste et autorisé de la domination, de la violence et de l’exploitation ? Et si elle avait aussi laissé des routes, des écoles, des hôpitaux, des infrastructures, mais surtout des rencontres et des fidélités que notre époque peine à regarder ? C’est cette mémoire oubliée que Jean-Yves Leandri veut faire revivre dans un livre attachant et émouvant "Lorsque la France était là-bas".
Né en Algérie et élevé entre l’Afrique et Madagascar, il raconte ce qu’il a vu et vécu, loin des procès rétrospectifs et des discours officiels. Son livre ne cache pas les injustices et les difficultés inhérentes au système colonial : il conteste en revanche l’idée qu’elles suffiraient à en raconter toute l’histoires de la présence française en Afrique. En 2026, cette question reste explosive, particulièrement lorsqu’il s’agit de l’Algérie.
Plus de soixante ans après l’indépendance, la mémoire coloniale continue en effet de peser lourdement sur les relations entre Paris et Alger. Faut-il encore demander pardon, ou retrouver une histoire capable d'assumer toutes ses contradictions et de faire la liste des apports économiques, sociaux et culturels de la France dans cette partie du monde ?
La force de Jean-Yves Léandri est d’ouvrir avec délicatesse et modération un dossier que la France n’a jamais vraiment refermé.
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