Zooms

Zoom - Frédéric Bécourt : Le roman de la dérive de la "start-up nation"

Publiée le 03/11/2021
Ingénieur de formation, acteur du développement, Frédéric Bécourt publie son premier roman : Attrition (usure). Vincent, quadragénaire parisien en instance de divorce, est au bord de la dépression. Dépassé par la situation et les évolutions sociétales, l'employé modèle de la "start-up nation" se remet en question. Il croit trouver son salut dans le retour à l'authenticité, au sacré, à la tradition. Frédéric Bécourt, avec ses accents houellebecquiens, dépeint avec beaucoup d'acuité l'essor de la doctrine libérale moderne avec ses effets mortifères : la raréfaction des relations humaines, l'individualisme forcené, la déconstruction du modèle social. Placé au cœur du climat anxiogène du Paris post-attentat du Bataclan, le premier roman de Frédéric Bécourt est une réussite. Et annonce la naissance d'un romancier qui se situe dans la vague montante des écrivains antimodernes. A découvrir...

Zoom - Jean-Yves Leandri : Colonisation française : les bienfaits interdits d’histoire ?

Publiée le 21/09/2026

Et si la colonisation française ne se résumait pas au seul récit conformiste et autorisé de la domination, de la violence et de l’exploitation ? Et si elle avait aussi laissé des routes, des écoles, des hôpitaux, des infrastructures, mais surtout des rencontres et des fidélités que notre époque peine à regarder ? C’est cette mémoire oubliée que Jean-Yves Leandri veut faire revivre dans un livre attachant et émouvant "Lorsque la France était là-bas".

Né en Algérie et élevé entre l’Afrique et Madagascar, il raconte ce qu’il a vu et vécu, loin des procès rétrospectifs et des discours officiels. Son livre ne cache pas les injustices et les difficultés inhérentes au système colonial : il conteste en revanche l’idée qu’elles suffiraient à en raconter toute l’histoires de la présence française en Afrique. En 2026, cette question reste explosive, particulièrement lorsqu’il s’agit de l’Algérie.

Plus de soixante ans après l’indépendance, la mémoire coloniale continue en effet de peser lourdement sur les relations entre Paris et Alger. Faut-il encore demander pardon, ou retrouver une histoire capable d'assumer toutes ses contradictions et de faire la liste des apports économiques, sociaux et culturels de la France dans cette partie du monde ?

La force de Jean-Yves Léandri est d’ouvrir avec délicatesse et modération un dossier que la France n’a jamais vraiment refermé.