Zooms

Zoom - Hugues Moreau : Jeanne d'Arc, mystique comme vous ne l'avez jamais vue

Publiée le 03/05/2022
L’historiographie johannique n’est pas parvenue à cerner réellement le personnage de Jeanne d’Arc. L’esprit rationaliste et l’approche matérialiste de l’histoire conviennent-ils vraiment à cette épopée ? Les chercheurs n’ont-ils pas négligé les domaines fondamentaux auxquels renvoie le parcours de la Pucelle, ceux de la théologie et de l’aventure spirituelle ? Le charisme de Jeanne et la réaction des hommes de son propre camp à son égard sont en effet inséparables de son univers théo-centré. De même, le procès de Rouen qui la condamna apparaît avant tout comme un procès religieux, indépendamment des arrière-pensées politiques des juges. Enfin, ses paroles, si l’on en saisit la nature, montrent leur appartenance au monde de la mystique tel qu’il se manifeste à travers d’autres figures de la fin du Moyen Âge. C'est ainsi que l'historien médiéviste, Hugues Moreau, a voulu restituer l'épopée de la Pucelle d'Orléans dans son ouvrage "Dans le jardin de mon père - Jeanne d'Arc mystique et théologienne".

Zoom - Jean-Yves Leandri : Colonisation française : les bienfaits interdits d’histoire ?

Publiée le 21/09/2026

Et si la colonisation française ne se résumait pas au seul récit conformiste et autorisé de la domination, de la violence et de l’exploitation ? Et si elle avait aussi laissé des routes, des écoles, des hôpitaux, des infrastructures, mais surtout des rencontres et des fidélités que notre époque peine à regarder ? C’est cette mémoire oubliée que Jean-Yves Leandri veut faire revivre dans un livre attachant et émouvant "Lorsque la France était là-bas".

Né en Algérie et élevé entre l’Afrique et Madagascar, il raconte ce qu’il a vu et vécu, loin des procès rétrospectifs et des discours officiels. Son livre ne cache pas les injustices et les difficultés inhérentes au système colonial : il conteste en revanche l’idée qu’elles suffiraient à en raconter toute l’histoires de la présence française en Afrique. En 2026, cette question reste explosive, particulièrement lorsqu’il s’agit de l’Algérie.

Plus de soixante ans après l’indépendance, la mémoire coloniale continue en effet de peser lourdement sur les relations entre Paris et Alger. Faut-il encore demander pardon, ou retrouver une histoire capable d'assumer toutes ses contradictions et de faire la liste des apports économiques, sociaux et culturels de la France dans cette partie du monde ?

La force de Jean-Yves Léandri est d’ouvrir avec délicatesse et modération un dossier que la France n’a jamais vraiment refermé.