Zooms

Zoom - Laurent Richier : Le scandale de la viande en barquette

Publiée le 22/06/2023

Laurent Richier est devenu boucher par accident. Issu d’une famille très modeste, il sait que ses parents ne sont pas du genre à le laisser chômer. Après une scolarité difficile et un certain mépris du corps professoral, il se résout à suivre un cursus de CAP en boucherie. Très vite, les images qu’il doit côtoyer chaque jour le heurtent. Plus encore que la cohabitation avec les animaux morts, Laurent Richier doit avant tout affronter des pratiques frauduleuses et dangereuses pour les consommateurs. Les viandes périmées sont reconditionnées, souvent plusieurs fois. Les laboratoires de préparation sont parfois partagés avec les rats, les bacs, les outils et les broches sont sales, la viande diffuse une odeur nauséabonde. Une seule obsession, limiter les pertes au maximum, et tant pis si le client s’intoxique. A cela s’ajoute bien sûr, les très grandes failles de traçabilité qui ont souvent pu donner lieu à des scandales d’ampleur à l’image de l’affaire des lasagnes de cheval. Dans tout cela, les autorités sanitaires apparaissent bien timides, et c’est aussi ce que dénonce Laurent Richier dans son ouvrage "Viande : Et si vous saviez..." (VA Editions). Un entretien qui vous fera mieux choisir où vous achetez votre steak !

Zoom - Vincent Coussedière : La France s’enfonce faute d’incarnation

Publiée le 05/02/2026

Agrégé de philosophie et enseignant, Vincent Coussedière a longtemps observé la vie politique avant de franchir le pas de l’engagement électoral lors des législatives de 2024. De cette traversée du réel naît un livre très personnel intitulé "Marine Le Pen comme je l’imaginais", essai dans lequel l’auteur confronte ses attentes intellectuelles aux contraintes du champ politique. À travers une formule récurrente, presque obsessionnelle, il interroge ce qu’il aurait voulu que Marine Le Pen soit : une figure d’incarnation capable de rompre avec la gestion, la prudence et la normalisation. Le livre défend une thèse centrale : la politique n’est pas d’abord affaire de programme, mais d’incarnation. Vincent Coussedière critique ainsi la stratégie de normalisation, perçue moins comme une tactique électorale que comme un renoncement symbolique. Mais cette critique soulève une question troublante : la désillusion de l’auteur relève-t-elle d’un diagnostic lucide sur l’époque ou d’un dépit face à une figure politique trop idéalisée ? Car en creux, le livre reconnaît aussi que Marine Le Pen a su durer, rassembler et imposer son camp comme une force centrale de la vie politique française — ce qui, en soi, constitue déjà une forme d’incarnation dans un temps où le politique s’est largement vidé de sa substance.