Zooms
Zoom - Michel Maffesoli : "Le Grand Orient est devenu inquisiteur"
Le célèbre sociologue et professeur émérite à la Sorbonne, Michel Maffesoli, est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages. Avec son nouvel ouvrage : "Les Lumières sont éteintes", le philosophe publie un pamphlet contre le Grand Orient, franc-maçonnerie dont il était membre depuis 1972.
Lors d’un procès organisé par la Chambre suprême de justice maçonnique, l’intellectuel a été exclu de cette organisation pour des raisons totalement politiques.
Dans un entretien sans concession et parfois âpre, Michel Maffesoli explique les raisons de son engagement et sa vision d’une maçonnerie "symbolique et traditionnelle", rassemblement de personnes autour d’un chemin initiatique.
De manière toute aussi instructive, il dénonce les dérives d’un mouvement sectaire, le comportement d’une obédience maçonnique devenue "un centre d’influence affairiste et une machine anti-religieuse". Et en définitive, un lobby qui a complètement raté le passage de la modernité à la post-modernité.
Michel Maffesoli considère surtout qu’il avait en face de lui "un marigot de bas étage autoritariste et voué aux poubelles de l’Histoire". Plus qu’un entretien, un document à l’intérieur de la machine du Grand Orient.
Zoom - Vincent Coussedière : La France s’enfonce faute d’incarnation
Agrégé de philosophie et enseignant, Vincent Coussedière a longtemps observé la vie politique avant de franchir le pas de l’engagement électoral lors des législatives de 2024. De cette traversée du réel naît un livre très personnel intitulé "Marine Le Pen comme je l’imaginais", essai dans lequel l’auteur confronte ses attentes intellectuelles aux contraintes du champ politique. À travers une formule récurrente, presque obsessionnelle, il interroge ce qu’il aurait voulu que Marine Le Pen soit : une figure d’incarnation capable de rompre avec la gestion, la prudence et la normalisation. Le livre défend une thèse centrale : la politique n’est pas d’abord affaire de programme, mais d’incarnation. Vincent Coussedière critique ainsi la stratégie de normalisation, perçue moins comme une tactique électorale que comme un renoncement symbolique. Mais cette critique soulève une question troublante : la désillusion de l’auteur relève-t-elle d’un diagnostic lucide sur l’époque ou d’un dépit face à une figure politique trop idéalisée ? Car en creux, le livre reconnaît aussi que Marine Le Pen a su durer, rassembler et imposer son camp comme une force centrale de la vie politique française — ce qui, en soi, constitue déjà une forme d’incarnation dans un temps où le politique s’est largement vidé de sa substance.
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