Zooms
Zoom - Rémi Tell - Una Bomber : Face à la technique et l’asservissement de l’Homme
Mathématicien brillant et incompris, Theodore Kazcynsky choisit d’abord l’autarcie face à la société moderne. Mais le désintérêt de ses contemporains pour cet avenir indubitablement obscurci par la course au progrès sans borne le pousse au terrorisme. Durant des années, il enverra des colis piégés, faisant même des victimes parmi des noms mal choisis, pour un objectif : faire connaître son manifeste La société industrielle et son avenir. Avec une acuité véritablement visionnaire, il expose comme la machine asservit peu à peu l’homme qui se coupe des fondamentaux primaires. En 2023, année de son décès en prison, son analyse interpelle par son adéquation avec le monde actuel, bousculé par l’intelligence artificielle, l’industrialisation à outrance et la quête perpétuelle d’un progrès jugé par Ted Kazcynsky comme une psychopathologie.
L’essayiste Rémi Tell a voulu publier une nouvelle traduction commentée du Manifeste de celui que les forces de l’ordre ont surnommé Una Bomber, aux éditions du Verbe Haut (disponible ici) pour faire connaître un écrit aussi prophétique que maudit.
Zoom - Vincent Coussedière : La France s’enfonce faute d’incarnation
Agrégé de philosophie et enseignant, Vincent Coussedière a longtemps observé la vie politique avant de franchir le pas de l’engagement électoral lors des législatives de 2024. De cette traversée du réel naît un livre très personnel intitulé "Marine Le Pen comme je l’imaginais", essai dans lequel l’auteur confronte ses attentes intellectuelles aux contraintes du champ politique. À travers une formule récurrente, presque obsessionnelle, il interroge ce qu’il aurait voulu que Marine Le Pen soit : une figure d’incarnation capable de rompre avec la gestion, la prudence et la normalisation. Le livre défend une thèse centrale : la politique n’est pas d’abord affaire de programme, mais d’incarnation. Vincent Coussedière critique ainsi la stratégie de normalisation, perçue moins comme une tactique électorale que comme un renoncement symbolique. Mais cette critique soulève une question troublante : la désillusion de l’auteur relève-t-elle d’un diagnostic lucide sur l’époque ou d’un dépit face à une figure politique trop idéalisée ? Car en creux, le livre reconnaît aussi que Marine Le Pen a su durer, rassembler et imposer son camp comme une force centrale de la vie politique française — ce qui, en soi, constitue déjà une forme d’incarnation dans un temps où le politique s’est largement vidé de sa substance.
Connexion
Afin d'utiliser cette fonctionnalité, vous devez vous connecter :